Les jeux en kits
Posté le 27 février 2008 dans Analyses
Constamment à la recherche de nos fameux deniers, les éditeurs de jeux rivalisent d’ingéniosité pour parvenir à leurs fins. Cette quête perpétuelle s’accommode des innovations technologiques et des spécificités de nos consoles de jeu. L’internet est devenu aujourd’hui un nouvel eldorado. D’abord pour les perspectives ludiques qu’il offre, puis pour son attribut de « lien » constant entre le joueur et l’éditeur. Et ces derniers, peu scrupuleux ne se sont pas fait prier pour sauter sur l’occasion, afin de se faciliter la vie, vider nos poches et faire preuve, encore une fois, d’un cynisme désobligeant.
L’innovation a du bon. Les spécificités de nos machines progressent de jour en jour et offrent un confort inattendu. Parmi elles, l’entrée d’internet dans le cursus du joueur est devenu un excellent moyen d’améliorer l’expérience de jeu : durée de vie accrue, disponibilité de démo et téléchargements divers. Là où le bas blesse, c’est lorsque ces services sont détournés de leur fonction de complément pour devenir le refuge de dérives. Alors que le respect d’une dead line devenait crucial pour un éditeur soucieux de voir son produit risquer de louper le coche des fêtes de fin d’année, voilà que nous voyons débarquer de nombreux patchs censés corriger les « erreurs de jeunesse » de nos softs. Auparavant, un titre débarquait dans les étalages en décembre. Il était bon, aucun problème. Le titre avait été bâclé pour tenir les délais ? Poubelle. Dorénavant, l’éditeur se permet de sortir son titre mal fini, tout en s’assurant de proposer une mise à jour ou un patch correctif quelques jours / mois après. Le fignolage est de fait exclu de la phase de développement, car pouvant intervenir plus tard. Sans compter que les différents media traitant de l’actualité du JV voient souvent débarquer ces titres mal finis, mais qui sous couvert de version beta ou autres trouvent une justification compréhensible. Aujourd’hui le consommateur est mis dans le même panier, à la différence notable qu’il paie son jeu, lui. Le problème devient encore plus pernicieux si le consommateur ne possède aucun accès internet. Des joueurs d’Assasin’s Creed ou de PES 2008 peuvent en témoigner.
On achète désormais son jeu en kit, et c’est à nous de le remettre dans l’ordre. Un second problème intervient par ce même biais. L’arrivée du net a permit l’apparition de ce que l’on nomme « contenu additionnel ». Il convient désormais de se demander si le terme additionnel est de rigueur. Car un éditeur a désormais la possibilité de brider la version commerciale de son jeu, de garder certains attributs sous le coude, afin de le ressortir quelques jours / semaines / mois plus tard, le plus souvent au prix fort. Sans compter qu’aucun garde fou n’est là pour déterminer à quel point ce fameux contenu n’a pas pu être implémenté tout simplement dans la version commerciale. Sous couvert de prolonger l’expérience de jeu, nous arrivons dans une situation où le prix du titre peut être augmenté et son contenu fractionné. Le prix justement de ces dits packs peut aussi être source de conflit. Fixé par qui ? Sur quelle base ? De nombreux écueils auxquels s’ajoutent tout bêtement le prix de l’abonnement internet et le la hausse du prix des jeux et des consoles. Le joueur dindon de la farce ? Ce n’est pas une légende. Ce qui est aujourd’hui certain, c’est que ces pratiques sont amenées à prendre de l’importance, tant les éditeurs parviennent à endormir notre vigilance. Mais écrire un tel article sans apporter un semblant d’argument visant à faire progresser le débat serait vain. Malheureusement, excepté un boycott pur et simple, aucune alternative ne semble crédible. Et qui accepterait de se priver de contenu de son jeu favori uniquement pour économiser 5 petits euros ?
Posté par CouCou
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Commentaires
Les MAJ qui ne corrigent pas les bugs qui polluent le plus le gameplay, ou des ajouts à moitié faits. Et pire encore, on achètent des pack de map ou autres sur des image et des descriptions venant des devs eux-même (donc d'un parti pris évident), et quasiment aucun média ne testent ou même ne donnent leurs avis sur ces contenu payants. Ce qui fait que le joueur achète à l'aveuglette ce contenu, et le plus souvent comment ne pas être déçu par des maps redondante et de plus quasi inutilisables, car aucune vos connaissances (et peu de joueurs) ont pris le risque de payer pour ça.
De plus la guerre des format HD est un bon alibi pour prétendre à la faible capacité du DVD "vieillissant"
Ecrit par : tatarigami | 01 mars 2008
Merci Tat de donner ton avis, on dirait que l'expérience parle. Cet élément marketing gangrène le marché et ça ne part pas pour s'arranger...
Merci à toi aussi CouCou pour ce constat plus qu'impératif.
Ecrit par : ChrisPix | 02 mars 2008
Le soucis principal étant qu'on ne peut distinguer la bonne foie de l'éditeur qui veut honnêtement améliorer son jeu de celui qui profite des MAJ pour bacler la fin du dév.
Mais c'est vrai qu'aucune critique n'est faite sur ces packs et MAJ et laisse donc le champ libre à l'éditeur de refourguer n'importe quoi.
Ecrit par : CouCou | 03 mars 2008
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