The World Ends With You
Posté le 24 avril 2008 dans Critiques

Tester des jeux vidéo, c’est sympa dans l’absolu, mais c’est aussi souvent chiant et long. Parfois certains jeux nous émoustillent et nous surprennent alors que nous ne les attendions pas et nous redonnent fois dans la passion qui nous unis tous. Et bien The World Ends With You (anciennement It’s a Wonderful World ou Subarashiki kono Sekai pour le style) fait parti de cette catégorie là. Un jeu ovni, un jeu surprenant, un jeu qui nous fait oublier qu’on est en train de faire un test.
Développé par Jupiter Corp, un studio qui ne vous parlera sûrement pas beaucoup, on retrouve en fait derrière ce projet Tatsuya Kando à la direction et le talentueux Nomura à la production et au design. Rien d’étonnant donc à retrouver des persos au design manga, épurés et extra fashion. A peu de chose près, ce jeu est le reflet de toutes les envies réfrénées de Nomura, qui aujourd'hui prennent corps. Le dépaysement est garanti, le jeu vous téléporte ainsi en plein Shibuya (quartier tendance des Affaires de Tôkyô). Tout respire la mode et le Japon, les graphismes du jeu rappellent évidement un manga, mais retranscrivent surtout une ambiance jeune et huppée. Les couleurs sont criardes et font tout de suite penser au délicieux et psychédélique design urbain de Jet Set Radio. Après le jet lag visuel, The World Ends With You vous immergera dans Shibuya à travers sa bande son directement puisée dans de la pure Jpop (genre musical que Nomura affectionne). La direction artistique est franche, directe et prendra de front tout réfractaire au Japon d’aujourd’hui. Et bien pas forcement…
Car c’est mon cas, ou c’était mon cas. Pour vous parler un peu de moi, je dois dire que j’aime pas particulièrement Nomura (pour le visage qu’il a donné à la série FF), je ne suis pas fan de Jpop et je trouve la mode fashion japonaise… trop en avance pour moi. Mais figurez vous que je suis en extase devant ce jeu. C’est mieux qu’un bol d’air frais, ou qu’un verre de joie de vivre, c’est un voyage au Japon à porté de main et gratuit (ou à 40 euro). Et le comble c’est que The World Ends With You n’est pas seulement un trouble des sensations visuelles et auditives, non, c’est aussi une petite révolution pour le jeu vidéo. Le gameplay va vous foutre une sacrée claque. Aussi indescriptible que génial, le système de The World Ends With You se base plus ou moins sur un Action-RPG. Mais pour plus de clarté repartons en arrière pour présenter un peu le scénario et les protagonistes du jeu.
Neku Sakuraba est un jeune fan de graffitis de quinze ans, avec tout ce qui va avec : désœuvrement adolescent, comportement asocial et renfermement sur soi-même. Un jour il se retrouve sans savoir pourquoi à un carrefour de Shibuya (ndCouCou : pas de pub s'il te plait..., ndMed : j'adore), à ce moment il reçoit un message sur son portable stipulant qu’il verra sa vie se terminer dans sept jours. Son quotidien prend alors une toute autre tournure, il reçoit des pouvoirs (comme le fait de lire les pensées des gens) et ainsi une course poursuite pour la vie s’engage. Neku va rapidement rencontrer Shiki, une fashion victime aux cheveux rouge, toujours accompagnée de sa peluche Nyan-Tan (ou Mr. Mew pour notre version). Elle aussi a vu sa vie menacer par le temps et devra jouer le rôle du partenaire de Neku dans ce rodéo urbain. On apprend vite que ce texto est le point de départ d’un jeu orchestré par les Reapers. Cette organisation baladera ainsi des équipes de jeunes entre deux dimensions et les confrontera à des monstres appelés Noises. Ce postulat posé, on se rend très rapidement compte que la particularité du jeu réside dans son système de combat, auquel je consacrerais un article complet tant il est génial. Pour amenuiser le teasing sachez que la DS est parfaitement exploitée. Les combats se jouent sur les deux écrans simultanément avec deux gameplays différents. Néanmoins nous allons faire un petit point sur déroulement du jeu.
Sept jours, c’est le temps que vous aurez pour sauver votre existence. Le schéma de jeu sera le même à chaque jour et se déclinera sur trois semaines. Tout d’abord Neku reçoit une mission des Reapers. Le plus souvent, vous devrez trouver et éliminer une personne. De là, un chrono se met en route. Votre progression sera obstruée par des murs invisibles placés par vos assaillants. Pour les outrepasser vous devrez parler aux hommes en capuche rouge (des Reapers de petits niveaux nommés Harriers) qui vous expliqueront comment briser ces murs (scanner les alentours et tuer un certains nombre de Noises par exemple). Une recherche d’indices s’engage à présent, lire les pensés des passants, leur en imposer d’autres (grâce au stylet) et ainsi trouver le boss de la section. Voilà en gros le déroulement d’un jour à Shibuya.
Couplé à un système d’équipement et d’expérience original et de combats excellent, The World Ends With You offre, comme dis plus haut, un dépaysement total. C’est un vrai coup de cœur, autant inattendu que sincère. La seule ombre au tableau pourrait être sa non localisation. En effet le jour de sa sortie Ubisoft (qui distribue le jeu) nous a appris qu’il ne serait pas traduit, contrairement aux annonces. Mais l’anglais n’est vraiment pas de haut niveau, et il serait plus que dommage de passer à côté de cet ovni vidéoludique. Je conseille donc vivement à tous ce qui pourrait avoir l'occasion d’essayer ce jeu. Et s'il ne vous plaît pas, il vous étonnera à coup sur par son ambiance, son gameplay ingénieux, et vous donnera au moins un aperçu des pépites qui stagne sur l’archipel et qui n’arriveront jamais sur notre bon vieux continent.
Posté par Med
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