S.T.A.L.K.E.R. Clear Sky
Posté le 02 octobre 2008 dans Critiques
A la rédaction, on est tous différents : Popo est parti au Japon cet été, Kamoon va aller se balader à Cayenne dans quelques semaines, Chrispix habite à Foix et Med s’envolera un jour pour l’Australie. Que des baroudeurs exotiques. Mais bizarrement, je ne pense pas qu’il veuillent m’accompagner dans le seul voyage qui me tente à mort : la visite de la zone dévastée de Tchernobyl. Chacun ses goûts.
Et pourquoi donc me direz vous ? Tout simplement car la beauté froide et mortuaire de la Zone est terriblement attractive, et c’est cette attirance morbide qui me relie à Stalker, un des jeux les plus immersifs qui soit. Clear sky est la suite du premier Stalker : Shadow of Tchernobyl, sorti il y a un petit moment, et dans lequel vous jouiez un amnésique qui se réveille dans la Zone, découvre un monde post apocalyptique peuplé d’aventuriers et de mercenaires, de créatures jadis animales mais dorénavant mutantes, d’anomalies radioactives et de zones dévastées. Cette fois rebelote mais l’action se passe chronologiquement avant la précédente aventure, dans la peau d’un autre Stalker. Les Stalker sont des gens venus chercher fortune dans la Zone, car les radiations ont donné naissance aux anomalies, pièges mortels disséminés un peu partout, et ces dernières génèrent parfois des Artefacts qui confèrent des pouvoirs plus ou moins puissants. C’est sur ce background que vous incarnez le Balafré, un bon baroudeur à l’ancienne qui a mystérieusement résisté à une Emission, sorte de tempête mortelle s’abattant sur toute la Zone et tuant quiconque ne s’abrite pas, et dois rattraper un certain Strelok (!!) qui a décidé de rentrer dans la centrale.
Le jeu se joue en FPS, mais vous aurez à gérer un équipement, un inventaire et des quêtes comme dans n’importe quel RPG. Cependant il me faut vous prévenir : c’est pas un jeu pour Mamie. Ce n’est en rien de l’élitisme mais Stalker est dur, très dur voire trop dur dans certaines situations. Il n’y a que les 2 premiers niveaux de difficulté qui sont jouables, et encore, ils ne sont pas à la portée de tout le monde. Les flingues visent horriblement mal au début du jeu, et juste très mal vers la fin, il vous faudra un chargeur par ennemi pour espérer les descendre, ou une balle dans la tête. Chaque balle qui vous touche provoque un saignement qui vous fait perdre de la vie, et vous devrez rapidement utiliser un pansement pour ne pas vous vider comme un cochon dans un abattoir hallal, et les pansements sont trop rares. Tout comme les medikit. Mais le plus insupportable est la précision des ennemis au lancer de grenade. Des champions olympiques qui vous arrosent dès que vous vous mettez à couvert. Tout ceci fait que les combats deviennent vite emmerdants, et je vous conseille d’installer un petit mod pour limiter le nombre de grenades par adversaire et accroître la précision.
La grande nouveauté de cet épisode est la guerre des factions. Vous pourrez prendre part à la lutte de territoire qui sévit sur la Zone, ou rester neutre. Cependant cet aspect est très perfectible pour la bonne raison qu’on ne décide de rien, on nous envoie parfois avec une troupe de troufions prendre un point stratégique, mais sans jamais en avoir eu l’initiative. Globalement d’ailleurs on est beaucoup moins seul dans cet opus. La zone est fortement peuplée, moins détruite (nous y reviendrons) mais surtout vous accomplirez 70% de vos missions en escouade. Et c’est la que tout fout le camp, vos équipiers se foutant totalement de vous. Clairement ils ont un script qui défini où ils doivent se placer, se cacher, s’accroupir etc… En ne tenant pas compte de vous du tout, et passent leur temps à vous pousser, car vous entravez leur chemin. Particulièrement pénible quand on a trouvé une bonne planque en étant canardé de partout et que votre pote vous pousse tout simplement à découvert, et on crève bêtement, en ayant à peine eu le temps de bredouiller un petit « mais… mais pourquoi ?... ». Vous pourrez aussi faire réparer et améliorer votre matos chez certains marchands, option qui faisait cruellement défaut au jeu original. Un petit peu comme les guides qui vous permettent de vous rendre d’un point à un autre de la map en payant une addition un peu trop salée.
Après cette avalanche de reproche, passons au seul point qui vaut à lui seul l’achat de SCS : son ambiance. Même si graphiquement il ne fait pas d’ombre à Crysis, il n’en demeure pas moins magnifique, notamment grâce au souci du détail dans la modélisation de l’environnement. On sent que chaque parcelle de terrain est passée entre les mains d’un concepteur 3D et qu’il ne s’agit pas simplement de maisons toutes faites posées au hasard. Les détails fourmillent, les maisons paraissent sales et fragiles, les champs tous suspect, les couleurs sont délavées, le Soleil ne brille jamais vraiment, il passe difficilement au travers des nuages lourds qui surplombent la Zone, de la pluie lourde tombe parfois sur les bâtisses de béton brut, la nuit est véritablement sombre et votre lampe faiblarde ne vous éclairera qu’à quelques mètres… Et il y a aussi les sons… Il n’y a que rarement de la musique, réservée aux combats, et vos randonnées radioactives seront accompagnées de longs râles lointains, de bruits métalliques en fond sonores, du bruissement des feuilles, de grognements de bêtes sauvages au creux de vos oreilles. Et si vous vous arrêtez dans un campement de Stalkers, vous les verrez autour du feu, une guitare à la main, se parlant entre eux en ukrainien. La VF est aussi d’excellente qualité, les personnages principaux sont doublés pour les gros dialogues, et ne parlent pas un langage châtié. Mention spéciale aux messages de propagande diffusés dans les camps de la Liberté et du Devoir. Ajoutez à cela un univers crédible, des personnages avec du caractère et des cartes bien grandes fourmillant de planques retorses à trouver, et vous comprendrez la beauté de la chose. Et même si les cartes restent les mêmes (à deux exceptions près) que celles du précédent épisode, vous pourrez les voir sous un autre jour car la plupart des bâtiment ne sont pas encore détruits, des bases existent à certains endroits etc…
Stalker se définit clairement comme un jeu pour joueurs avertis, n’ayant pas peur d’affronter des ennemis coriaces, un univers sombre et violent, et de mettre les mains dans le cambouis pour modifier le jeu. Beaucoup de personnes se plaignent de nombreux bugs, de sauvegardes corrompues, de retour bureau intempestifs, des quêtes annulées etc… Personnellement il ne m’est rien arrivé de tel avec les derniers patchs en date (1.504). Et mis à part quelques défauts horripilants, Stalker Clear Sky se révèle une excellente trouvaille, et une bonne suite du premier opus. Sur ce, rendez-vous à Tchernobyl pour de vrai, et je vous invite à regarder le reportage La Bataille de Tchernobyl diffusé sur Dailymotion.
Ecrit par Cartapouille pour Console Syndrome
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Commentaires
Je suis un peu pareil Cartapouille. C'est l'ambiance de S.T.A.L.K.E.R qui me séduit le plus. Je vais pas revenir dessus, c'est très bien décrit dans l'article!
Ecrit par : numerimaniac | 02 octobre 2008
Merci beaucoup, je pense que la série des STALKER fera partie à l'avenir de référence en matière d'infiltration
Ecrit par : Cartapouille | 02 octobre 2008
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