Yakuza 2/ Ryû ga gotoku 2
Posté le 07 octobre 2008 dans Critiques
Alors que l’on entendait les premiers coups de pelle au-dessus des tombeaux des PS2, voici qu’arrive de manière inespérée et après deux années de silence, Yakuza 2. Deux années pendant lesquelles nous nous demandions pourquoi nous avions été punis d’une telle disparition sur notre continent. Mais voici le requiem de la PS2. Il est l’heure de montrer que le vieux radiateur (la PS2) en a encore dans le ventre et c’est par les poings d’un yakuza que nous allons découvrir ça.
Tatouages et petits doigts
Dure dure la vie de criminel. Notre héros a payé un lourd tribut lors du premier épisode, perdant son amour, son ami et son père (les trois étant des personnes différentes, bien sûr). Le pauvre homme a du combattre comme un forcené pour réhabiliter la vérité et surtout pour sauver la petite Haruka. Maintenant, c’est en homme meurtri que nous retrouvons, cherchant à vivre des jours heureux avec Haruka qu’il adopte indirectement.
Mais la loyauté de Kiryu reste vive, surtout quand son ami et respecté Parrain de son ancien clan se fait tuer sous ses yeux. Ce dernier, avant de mourir, lui confie une mission : éviter que les conflits entre les clans du Kansai et ceux de Tokyo ne virent au chaos total.
Kiryu, en tant qu’homme d’honneur, va alors se battre pour faire entendre son message de paix à travers Osaka et Tokyo, affrontant un adversaire à sa hauteur, Gohda Ryuji, alias le dragon du Kansai.
Mes aïeux attendez-vous à du costaud ! Le scénario est bien ficelé avec une grosse dose d’action. Vous trouverez des personnages charismatiques et soignés, des relations flic-yakuza, des révélations sur des passés ténébreux, des trahisons et autres règlements de comptes… Tout y est pour rappeler des grands classiques des films mafieux japonais. La violence des mots et la violence des actes sur fond du code du honneur des yakuza. Jouissif !!
On a même droit au doublage original qui permet une meilleure immersion que les doublages américains du premier opus tendance « West Coast ». Finis les insultes façon gangsta rap, bienvenue dans le langage fleuri des hommes tatoués en costard noir. Du coup, on remarque une meilleure synchronisation labiale et surtout meilleur jeu « d’acteur-polygone ». Un régal !
I love Osaka!
Chaque joueur trouve ses affinités avec des environnements : on aime la plage, la forêt, l’urbanisme d’un ersatz de New York dans GTA. Le joueur aime à être transporté avec son héros. Pour les amoureux du Japon, Sega avait déjà fait fort avec les deux volets de Shenmue mais ce soft n’a jamais eu de suite. Orphelin, j’avais fait une croix sur un prochain jeu dans un univers nippon réaliste. Mais voilà la série des Yakuza, et voici que mon affinité va encore plus loin : Yakuza 2 alias Ryu ga gotoku 2, se passe (en partie) dans le même lieu que celui de mes vacances d’été, le Kansai. Me voici donc reparti pour un nouveau trip, mais cette fois-ci, dans la peau de Kiryu Kazuma.
Yakuza 2 s’adresse surtout aux amoureux du pays du soleil levant : ceux en quête de Game Center, des combinis, des grandes rues piétonnes chaudes et colorées à grand renfort de néon. Avec cette ambiance « by night » où jeunes et vieux se mélangent à grand renfort de boissons alcoolisées, je peux vous le dire de but en blanc, le pari est une nouvelle fois réussi.
Les deux quartiers des deux villes sont très ressemblants et je me suis surpris à revoir des endroits qui m’étaient familiers pendant mon voyage au Japon.
Autour de soi les passants parlent de restaurant, de karaoké et autres lieux de loisirs. On se prend aussi au jeu d’aller dans des lieux auxquels on n'irai pas forcément, mais qui titillent nos instincts pervers comme les bars à hôtesses, où l’on se fait des pseudo-conquêtes, moyennant finance.
Revoir cette ambiance est un plaisir pour l’œil.
Pif! Paf! Boom!
Au-delà de l’ambiance, il y a le jeu à proprement parler. Le principe est souvent simple : il s’agit d’aller d’un point à un autre pour remplir un objectif qui finit, le plus souvent, en partie de bourre-pif.
Et là est le plus intéressant : le bourre-pif. En gros on reprend le même système que l’on avait dans le premier volet. On tape en martelant le bouton carré ou triangle, on choppe avec rond, etc.
Mais les deux choses les plus importantes et jouissives dans le système de baston sont les objets et les "finish move". Vous pourrez vous servir de tout ce qui vous entoure : une bouteille, des plots, des couteaux et autres objets contondant ou pas. Et en plus, ils sont utilisables couplés aux formidables et nerveux coups spéciaux dont a droit lorsque l’on remplit sa jauge de tension. Ces coups spéciaux peuvent aussi être utilisés sans posséder un objet et nous servent pour passer à tabac les hommes belliqueux qui ont le malheur de se dresser devant vous avec des "finish move" intégrant diverses parties du décor : étals, trottoir, bureau, coin de mur, etc. De quoi ravir les pervers amateurs de violence.
Il faut dire que les rues sont particulièrement mal famées dans ce jeu : impossible de faire 100 mètres sans qu’un malandrin vous cherche des noises. Donc comme toujours, baston, puis vidange du portefeuille de l’ennemi.
Toujours du côté du jeu, on ne peut que souligner certains défauts, comme les temps de chargement entre chaque jonglage de la caméra d’une zone à une autre. C’est franchement énervant lorsque à un carrefour d’une rue on se perd entre deux vues en sortant et en rentrant dans un nouvel axe.
Autre défaut la vieillesse du moteur du jeu qui accuse un peu le coup. Mine de rien, cela fait un petit choc après avoir goûté aux joies des consoles HD (sans compter l’aliasing inhérent à la PS2) Rassurez-vous, le soft tient encore la route (surtout face à certains jeux sur la Wii)
La durée de vie est normale pour un jeu de ce genre avec 16 chapitres et pas mal de mini-jeux et événements annexes qui vous feront totaliser une durée de 10 à 12 heures.
Le plus grand défaut du jeu reste quand même, le fait que l’on soit obligé de se farcir un jeu intégralement écrit et sous-titré en anglais. Pour faire simple, Sega ne s’est pas foulé, au contraire de Yakuza premier du nom, nous n’avons pas droit aux textes en français. Sega, voyant que Yakuza II sortait sur une console morte (normal, après deux ans…) a préféré limiter la casse et les frais en évitant de faire traduire le jeu. Résultat si vous êtes une quiche en anglais passez votre chemin. Les non-bilingues devront de temps en temps faire un effort de concentration pour éviter de se perdre dans un scénario et un univers riche en personnages et révélations.
De part sa richesse et son histoire bien campée, Yakuza 2 ne s’adresse qu’à ceux qui ont fait le premier épisode. C’est un jeu pour amoureux du Japon et de films mafieux, l’histoire est captivante ! Je vous invite à découvrir cette saga, à vous transporter dans un des derniers jeux de la PS2. Amusez-vous, ressortez votre code d’honneur, protégez votre clan et vos proches, l’aventure ne coûte que 30 euros.
Posté et écrit par Mr.popo pour Console Syndrome
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