PES 2009
Posté le 29 octobre 2008 dans Critiques

Voilà, on y est. Le nouveau PES est arrivé. Je l'ai entre mes mains fébriles. Je suis un gros passionné de la série mais j'attends le sursaut d'une licence qui m'a fait passer de si bons moments. Et Dieu sait si cette année est spéciale, tant la concurrence est rude. Mais force est de constater que depuis maintenant plusieurs années, les PES se suivent mais la qualité n'est plus vraiment au rendez-vous. Et je ne vous cacherez pas que c'est avec une certaine appréhension que je vais découvrir ce nouvel opus. Mais fort d'une expérience incontestable en matière de bonnes surprises cette année, je met tout cela de côté pour me jeter à corps perdu dans cette nouvelle aventure footbalistique. Et en même temps, et bien on verra laquelle des deux simulations il vous faudra avoir chez vous pour rythmer vos longues soirées festives entre fans de foot.
Premier choc, les menus : de la couleur dans tout les sens. On se croirait dans un tableau d'Andy Warhol. Ca explose de partout, c'est plutôt agréable et inattendu dans un jeu comme celui là un bon point donc, même si bon... Et puisque c'est maintenant un rituel dans un test de jeu de foot, je parlerais dans ce premier paragraphe de tout ce qui n'est pas vraiment important. Côté réalisation donc, c'est impressionnant. Les modélisations de joueurs sont superbes, vous reconnaîtrez sans aucun doute tous les joueurs sur le terrain. Les grandes stars sont de grande réussite graphique. Par contre, le constat n'est pas le même en ce qui concerne les équipes hors Ligue des Champions. Genre Guillaume Hoarau ou Jérôme Rothen au PSG, c'est un peu moins bien (et oui, je sais, la Ligue 1 Orange...). Mais est-ce un mal de modéliser moyennement les joueurs du PSG ? Non blague à part, et même si ce n'est pas ce qu'on demande en priorité à un jeu de foot, les joueurs avec lesquels vous jouerai sont globalement superbes et très bien modélisés. En est-il de même pour le reste du jeu ? Comme à son habitude, PES nous offre des stades super hyper moches. Le pâté gigantesque représentant vos supporters ne cesse de grossir d'année en année, pour au final ne ressembler vraiment à rien. Alors autant les types en 2D, c'était moches, autant, quitte à essayer de les faire en 3D, faire le maximum pour que ce soit potable. Et bien non, c'est moche et Konami s'en fout. De l'autre côté, EA s'est beaucoup moins attardé sur le faciès des joueurs, pour, au contraire, se concentrer sur un rendu général plus construit et plus plaisant. Ainsi tous les stades sont magnifiques, le public sans être grandiloquent est quand même plus réussi, et pour finir l'ambiance sonore est criante de vérité (un speaker annonce le nom des joueur présents sur les terrain, et dans la langue d'origine la plupart du temps, par exemple). Dans PES, c'est le vide. Les chants de supporters se répètent, et manquent de variété. Ils sont rébarbatifs et plus soûlant qu'autre chose. Et je ne parle même pas des commentaires, je préfère vous laisser deviner le fond de ma pensée. Sachez juste que d'un côté, on a droit à Christian Jean Pierre et Laurent Pagannelli, de l'autre, Hervé Matoux et Franck Sauzé. Ceux qui avaient l'habitude de couper les commentateurs de PES ne devraient pas faire autrement dans cette itération 2009. J'irais presque plus loin, en vous suggérant de couper carrément le son pendant un match et de mettre votre propre musique, ça vaudra toujours mieux.
Penchons nous sur l'arbitrage maintenant. Celui-ci est égal à lui même, à savoir, tolérance zéro sur les hors-jeu, mais quelques oublis sur les fautes. Ceci dit, on peut dores et déjà dire que sur les points qu'on peut qualifier de plus futils, FIFA 09 sort devant son rival de toujours. Sa réalisation et son ambiance lui font marquer un point.

Le gros choc va maintenant avoir lieu, puisque nous allons entamer un comparatif plus technique. Alors, au niveau du jeu, qui s'en tire le mieux ? En ce qui concerne la vitesse globale, sachez que PES est, comme d'habitude, frappé par le "syndrome PES". A savoir que, suivant la télé qui accueille votre console avec le jeu dedans, la vitesse de jeu sera ultra différente. Pour vous dire, j'ai joué chez CouCou, et on a eu l'impression de retrouver notre culte PES 5 (juste niveau vitesse, hein). Puis, fort de ce ressenti, je branche le tout chez moi, et là, surprise ! Je me retrouve avec un jeu aussi rapide que PES 08. Allez comprendre...
En ce qui concerne les phases offensives, rappelons que la série des PES est marquée depuis quelques temps par le phénomène des "cyborgs". Je m'explique. Certains joueurs se voyaient affubler de stats défiant toute logique humaine. Ces joueurs étaient ainsi capables de piquer des "tout droit" sans s'arrêter et d'aller marquer tout seul. Le point culminant de ce phénomène fut Adriano dans PES 6. Et bien, sachez que cet opus ne déroge pas à la règle. Rooney, Kaka', Cristiano Ronaldo sont peut-être les pires du jeux (avec Messi, gonflé par "l'effet jaquette"). Avec ces gars là, les phases offensives deviennent très répétitives : on déborde à coup d'épaule, un petit dribble et on marque. Le pire, c'est qu'on croirait vraiment que l'IA encourage ces action en solo. En effet, vos milieux offensifs ne vous soutiendront quasiment jamais lors des passages en attaque, préférant rester en retrait. Et, dans le cas de Manchester UTD, il m'arrive même de beugler (oui le terme n'est pas exagéré) contre mes attaquants qui se positionnent en retrait lorsque je m'embarque dans une course folle avec Christiano Ronaldo. un comble, qui fausse un peu les parties. Seule petite "amélioration", les gestes techniques s'effectuent avec le joystick gauche. Oui, oui, le même que pour la direction. Certains y verront quelque chose de positif et de plus accessible, d'autres n'y verront aucun intérêt, mais plutôt une occasion de faire des mouvements indésirés. Je fais partie de la deuxième catégorie, car, plus d'une fois, je me suis retrouvé en pleine surface de réparation adverse où mon joueur a choisi d'effectuer une sublime roulette, ce qui me fit perdre le ballon. C'est ultra rageant. Le constat est beaucoup plus mitigé que pour FIFA où, dans le domaine offensif, je fus élogieux. C'est bien le problème de ce PES : ce n'est pas pourri, mais en fait ça ne change pas vraiment. L'aspect "robot" des joueurs sur le terrain lorsqu'ils courent n'arrange rien. Moi qui vient de faire LEGO Batman, c'est marrant, je ne suis pas trop dépaysé. De plus, on a l'impression que les joueurs sont tous mis sur des rails (sans vouloir plagier la preview de l'archiMed). Notons au passage qu'une assistance au passe est TRES présente. Ainsi, elles ne vont pas forcement où vous le désirez. Et là, c'est la crise, une nouvelle fois. La physique de balle reste quant à elle très convaincante. Les duels avec les gardiens sont assez aisés (même si ces derniers ne sont pas non plus de réelle passoire), et les scores fleuves ne manqueront pas. Un petit peu d'arcade dans un univers de simulation ? Peut être bien...
D'ailleurs, en parlant de gardien, que peut-on en dire pour cette opus ? Dans FIFA 09, on se souvient que les sorties étaient laborieuses - mais que tout ça ne restait qu'une question d'adaptation (c'est au joueur de gérer ces aspects) -, et aussi que, sur leur ligne, ils étaient ultra convaincants. Et bien là, c'est plutôt l'inverse. L'ordi gère la plupart des sorties de gardien à merveille, mais le terme "arrêt" doit lui être inconnu. C'est à croire qu'on joue avec des manchots. Je vous assure que le nombre d'arrêts d'un gardien lors d'un match doit pouvoir se compter sur les doigts d'une main, malgré les 20 frappes qu'ils doivent encaisser. C'est une calamité, et vous prendrez ainsi un nombre de "buts casquettes" incommensurable. La durée de vie de votre manette risque d'être raccourcie (non, non je ne suis pas un nerveux).
Abordons maintenant les phases défensives. Elles sont frustrantes, comme stipulé plus haut, la faute au syndrome "cyborg" et au "bonus jaquette". Mais aussi pour de bien nombreuses raisons, le soft étant résolument accès sur l'attaque. Dans de nombreuses situations, vous ne pourrez donc pas faire grand chose. Et une nouvelle fois, FIFA 09 s'en tire mieux que son concurrent direct, car restant beaucoup plus fidèle à la réalité, tout en sachant rester très intuitif. Dans FIFA on peut comprendre pourquoi on a pris un but, et dans 90% des cas, l'erreur vient de nous. Dans PES, bien souvent, on ne peut rien faire. On se contente de fulminer contre l'ordinateur en espérant que cela ne se reproduira pas.
FIFA est bien largement devant, tant dans la fluidité de jeu que dans le réalisme. Tout n'est pas négatif pourtant. FIFA 09 présente des temps de latence conséquent dans la réactivité des joueurs, suite à une perte de balle, ou à le réception d'une passe (de manière occasionnelle seulement, mais bon...), alors que PES, pas du tout.
Globalement, les modes de jeu sont communs aux deux opus. On retrouve un mode Carrière, un mode Ligue, et un mode Coupe, où il sera possible de créer votre propre compétition. Rien de bien original donc. Mais cette année, PES sort le grand jeu en s'octroyant les droits de la Champion's League. Ainsi, vous pourrez à loisir vous offrir un petit match de cette compet. C'est accessoire, mais cela reste grisant, quand on aime le football (le petit générique fait son effet).
Autre nouveauté pour PES (que les fans d'import connaissent déjà) et similitude "étrange" avec le concurrent de toujours FIFA (ce dernier ayant pompé le voisin), on vous permet d'incarner un seul et même joueur sur le terrain. Plutôt une bonne nouvelle me direz-vous, vu l'enthousiasme déclenché par ce mode de jeu dans FIFA. Sauf que là, c'est complètement raté. Enfin j'exagère un peu, il y a quand même des bonnes idées. Pour commencer, vous ne pourrez pas utiliser un joueur connu, il vous faudra en créer un. Une fois cette formalité accomplie, vous pouvez commencer votre saison. La principale différence entre les deux modes FIFA / PES réside dans la recherche du réalisme. En effet, PES va bien plus loin que FIFA, mais cela va aussi à l'encontre du plaisir de jeu. En fait vous commencez par un match de recrutement, et, une fois votre club choisi, vous n'êtes pas prêt d'être sur la feuille de match. Pour y arriver, il vous faudra faire vos preuves lors des entraînements. Bonne idée donc, sauf que c'est laborieux. En effet, vous n'avez aucune influence sur vos coéquipiers, alors que dans FIFA vous décidiez du moment où un équipier vous lancait une balle, suite à votre appel en profondeur. Là, il vous faudra attendre qu'un de vos partenaires daigne vous faire la passe. Au final on passe 90% du temps à attendre. C'est rageant et inintéressant. Un mercato d'hiver a même été institué. Bon point, sauf que si vous changez de club à cette occasion, le rituel des matchs d'entraînement recommencera. Dommage. A noter enfin, que vous n'avez pas de limite dans le temps à PES alors que FIFA vous arrête à la quatrième saison de votre carrière.
Bref une nouvelle fois FIFA s'en sort avec un point de plus. Les modes de jeu sont sensiblement les mêmes pour les deux softs mais FIFA reste le titre le plus complet et le plus plaisant à jouer. Concernant le mode 1 joueur, FIFA s'en tire mieux grâce à une jouabilitée plus aboutie, mais il va de soi que le mode idéal se trouve en incorporant des éléments de l'un dans le titre de l'autre. Rajoutons le problème des licences, où une nouvelle fois, sans surprise, FIFA s'en sort grand vainqueur, surtout grâce à l'absence de grandes équipes ou championnats (tel que le Bayern de Munich) chez Konami. Des mises à jour sont prévues pour combler ce retard, mais attendons de voir. Le problème est conséquent, parce qu'entre nous, faire un match entre une équipe de deuxième division mexicaine et une équipe de National anglaise, on en a rien à foutre...

En tant que terrible fan de PES, c'est avec beaucoup de regrets que je dois vous dire d'acheter FIFA 09. Ce n'est pas que PES 2009 soit un mauvais jeu, mais il y a trop fort en face. FIFA 09 est trop complet, trop précis, bref trop énorme pour qu'un simple "bon" jeu de foot puisse se permettre de rivaliser. Car oui, PES est un bon jeu de foot. Mais il lui manque le petit truc qui l'avait érigé en grand à une époque lointaine. Le petit truc qui nous faisait dire : "Wahou PES c'est vraiment une institution". Et bien l'institution est tombé. Je n'ai qu'une seul chose à dire, bravo EA (aïe...).
Ecrit par Kreu




































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