Fable II
Posté le 31 octobre 2008 dans Critiques
Le voilà enfin. Après des années d’attente et de promesses, Fable II débarque. Les déclarations enjôleuses faites par le géniteur du projet, Sir Peter Molyneux, au moment de la sortie du premier opus, et qui prônait alors un jeu ouvert, à la liberté de choix totale, ont mis la pression sur cette saga. Les attentes sont-elles comblées ? Fable II est là, depuis quelques semaines, alors en voici donc le test, un peu en retard tout de même.
Lionhead a travaillé sans relâche pour fournir aux joueurs que nous sommes un jeu de haute qualité, et je vous le dit tout de suite, le contrat est rempli. Et haut la main, même si tout n’est pas rose et que certains points restent a revoir. Un exemple ? Le premier qui me vient à l'esprit est le scénario, certes bien meilleur que celui du premier opus, mais, encore une fois, bien trop simpliste et qui conduit à une quête des plus courte...
Retour dans les terres d’Albion. Notre héros, ou héroïne, s’envolera vers l’aventure avec pour seul but originel de venger la mort de sa sœur. Mais sa destiné, bien plus complexe qu’on ne l'aurait cru au départ, ne l’entend pas de cette oreille. Les évènements vont donc se mettre en marche et vont faire de votre avatar l’instrument qui mettra fin au règne de Lucien. Voila pour le pitch.

Alors quid de cette liberté ? Quid de l'opportunité d'effectuer de vrais choix ? Et bien, jamais un jeu n’avait poussé le choix du Bien ou du Mal aussi loin, tout simplement. En effet, contrairement au premier opus de Fable, tous vos actes, ou presque, auront des conséquences sur votre futur. En effet, le prologue du jeu vous demandera, par exemple d'effectuer certains choix, qui façonneront l'univers de vos années futures. Vais-je me tourner vers le bandit ou vers le garde ? La réponse à cette question, d'habitude anodine, influera sur votre environnement, en l’occurrence le quartier qui vus a vu grandir deviendra chic ou, au contraire, mal famé selon la décision que vous aviez prise étant jeune.
Mais cela n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Tant de choix moraux restent entièrement à votre appréciation. Pas question ici de choisir le Bien ou le Mal de façon caricaturale, en fonction exclusivement de la suite que vous souhaitez donner à votre périple. Au contraire, il faudra faire le choix qui conviendrais le plus à l'instant présent. Il est par exemple question à un moment de venger un fantôme vis à vis de son ex-petit ami. Celui-ci l’a en effet laissé tomber le jour de son mariage. Cependant en apprenant les raisons de l’ex en question, il s’avère qu'il avait de bonnes. C'est alors à vous de décider, ce qui va déterminer où est le Bien et où est le Mal. Il ne reste en fait au joueur qu'à se demander ce qu'il aurait fait dans les mêmes circonstances dans la "vraie vie". La fin du jeu donnera d’ailleurs l’occasion de réfléchir sérieusement à vos choix moraux, et cette fois, c'est tout Albion qui en sera affecté, ainsi que la suite de votre partie (la fin de l'histoire ne marque pas la fin du jeu, il est donc possible de poursuivre des quêtes annexes ou de vaquer à vos occupations).
Mais cela n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Tant de choix moraux restent entièrement à votre appréciation. Pas question ici de choisir le Bien ou le Mal de façon caricaturale, en fonction exclusivement de la suite que vous souhaitez donner à votre périple. Au contraire, il faudra faire le choix qui conviendrais le plus à l'instant. Il est par exemple question à un moment de venger un fantôme vis à vis de son ex-petit ami. Celui ci l’a en effet laissé tomber le jour de son mariage. Cependant en apprenant les raisons de l’ex en question, il s’avère qu'il avait de bonnes raisons. C'est alors à vous et à votre appréciation de la situation de jouer, ce qui va déterminer où est le Bien et où est le Mal. Il ne reste en fait au joueur qu'à se demander ce qu'il aurait fait dans les mêmes circonstances dans la "vraie vie". La fin du jeu donnera d’ailleurs l’occasion de réfléchir sérieusement à vos choix moraux, et cette fois, c'est tout Albion qui en sera affecté, ainsi que la suite de votre partie (la fin de l'histoire ne marque pas la fin du jeu, il est donc possible de poursuivre des quêtes annexes ou de vaquer à vos occupations).
Mais, car il y a toujours un mais, les plus grand changements seront finalement scriptés, et n'auront pas lieu en temps réel. Je m'explique. En cas de rapport sexuel non protégé par exemple, la Nature peut faire son office. A ce moment, la naissance du rejeton se fait en une nuit. La grossesse n’est tout simplement pas visible. Votre descendance grandit alors par palier, à chaque stade de l’histoire. Adieu le trip des premiers pas ou du premier mot... De la même manière, un village ne changera pas d’apparence au fur et à mesure de vos exploits, mais là, cela s'effectuera à chaque passage transitoire de la vie de votre avatar. Vous l'avez compris, ces moments clés rythment donc toute l'aventure.
Repris du premier épisode, l'alignement de votre personnage jouera sur son physique. Je regrette que le choix du Bien soit si peu représenté, en comparaison du Mal, votre héros adoptera alors ce que je nommerai des "taches de bonté", avant de se parer d'une auréole, et basta. Point d’ailes ou d’aura, par exemple. Pourtant en plus d'une auréole, quoi de mieux que des ailes pour rappeler un ange ? Paradoxalement un héros foncièrement mauvais se verra pousser des cornes, et se transformera lentement en démon. Au bout du compte, ces changements morphologiques ne représentent rien de bien grave. Seulement, cela peut décevoir lorsque l'on décide de partir en croisade contre le Mal, car le fun de customiser son avatar n’est, du coup, pas véritablement valable.
En dehors de ce changement physique du à votre alignement, vous aurez la possibilité de changer de coiffure, de vêtements, etc., afin de personnaliser encore un peu plus votre héros. Enfin, si vos habits ou vos cheveux ne vous plaisent toujours pas, vous pourrez toujours faire une teinture avec la couleur de votre choix, en ayant bien évidemment pris soin de trouver la teinte adéquate auparavant.
Mais qu’est-ce que la vie d’un héros s'il n’ y a personne pour la partager ? Alors, afin d’avoir de la compagnie, le soft devient une vraie simulation de vie, un peu trop même sur certains points à mon goût. En effet, partager sa vie avec quelqu’un demande beaucoup d'implication. Il faut passer voir la personne souvent, la faire rire, lui faire l'amour, bref, tout ce qui rythme un couple réel. Seulement votre conjoint peut devenir trop exigeant, alors que vous êtes en train d’accomplir une quête à l’autre bout du pays. Sachez tout de même qu’en cas de boycott de votre âme sœur, la menace de divorce arrivera vite - sanction pas forcément préjudiciable pour celui qui c'est tourné vers le Mal -, mais qui peut tout de même ennuyer celui ayant choisi de faire le Bien. En même temps dans la réalité, est-il envisageable de partir pendant des mois sans donner de nouvelles et espérer rentrer à la maison comme si de rien n’était après ? Alors, en tant que personne over-bookée, est-il possible de préférer rester célibataire pour profiter de la vie ? Pas de problème, rien ne vous oblige à vous marier. Vous pourrez toujours jouer le coureur de jupons. Et si vous échouez dans votre plan drague, Albion propose tout ce qu’il faut pour se divertir. Mais attention ! Un rapport non protégé peut vous coller des maladies sexuellement transmissibles ou un enfant illégitime.
Pour conclure ce chapitre famille, on peut reprocher au titre de ne pas avoir assez approfondi les relations entre individus. Il est ainsi impossible de discuter avec son conjoint. La seule possibilité pour varier un peu ces phases de gameplay reste le rendez-vous romantique au coucher du soleil. Sinon, au mieux, vous pourrez utiliser les expressions corporelles apprises par ci par là, mais rien de plus. Cela rend le couple gadget, car faire une danse ridicule ou jouer du Luth fonctionne cinq minutes, mais c'est tout, et à la longue les phases famille deviennent juste... ennuyeuses.
Dans un autre registre, je reprocherai aux combats de Fable II d’être redondants. C’est déjà un problème inhérent au genre, mais la possibilité d’utiliser la Volonté (correspondant à la magie) à foison et le peu de diversité des différents enchaînements à l’arme blanche rendent les combats répétitifs. Enfin, dernier petit reproche, l’intelligence artificielle de nos amis héros dans les grandes batailles se rapproche plus du syndrome du boulet qu'autre chose. N'espérez pas de véritable soutien de leur part dans ces moments là.

Mais de toute manière vous l’aurez compris, ce qui fait de Fable II un bon jeu c’est son univers, magique, prenant et immersif grâce à la variété des environnements, les interactions possibles avec les habitants, mais surtout le lien que l’on créé avec notre héros et son monde, à l’instar de notre fidèle compagnon canin, pour qui on aurait presque réellement du chagrin lorsqu’il se blesse et qu’il vient vers vous en boitant. Cette impression d’être vraiment le héros, de faire ses propres choix, et non de subir ceux qui ne nous correspondent pas forcément est grisante. Alors qu'allez vous choisir ? Souhaitez-vous devenir le roi de l’immobilier, un barman de haut vol ou un assassin de première catégorie ? Préfèrerez-vous être aimé ou détesté par la population ? Assumerez-vous vos choix ? Voilà ce qui fait de Fable II ce qu'il est.
Alors au final, Fable II jeu de l’année ? Non ! Mais jeu indispensable, oui. Vaste, charmeur et magique, c'est une expérience à vivre. En fait, nous jouons enfin ce que Fable premier du nom aurait du être : un simulateur de vie dans un A-RPG.
Ecrit par kamoon
Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : aventure, xbox 360, microsoft, lionhead |



































Commentaires
L'aspect famille a l'air très poussé. Alors me vient une question. Si on choisit, par exemple, une héroïne. C'est le papa qui reste au foyer et qui s'occupe de l'enfant? (dans quel cas ce serait une famille moderne!)
Ecrit par : Numerimaniac | 10 novembre 2008
Yep, et on peut même faire des mariages Gays et Lesbiens. Mais j'ai pas tenté encore. Je ne sais pas comment sont gérés les enfants.
Et si tu tues ta femme, l'enfant est pris par la DDass. je parle d'expérience.
Ecrit par : Cartapouille | 11 novembre 2008
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