Far Cry 2

Posté le 31 octobre 2008 dans Critiques

fac2pc0ft.jpgTiens, je n’avais jamais pensé à traduire Far Cry 2. « Pleurs Lointains 2 ». Et voila, le mythe est cassé. Mais ça n’arrange toujours pas mon problème : faut-il ou non aimer ce jeu ? Il n’est fait que de contradictions, à peu près aussi bon et enchanteur qu’il peut être ridicule et agaçant. Bref, pénétrons dans cette jungle dense.

Premièrement, on nous ment, on nous spolie. En effet, Far Cry 2 n’a rien à voir avec son aîné, à part quelques armes. Mis à part ça, tout est neuf, et même bien neuf. Enfin un FPS ose s’aventurer dans une région du monde qui n’a pas déjà été parcourue 300 fois. C’est donc dans un territoire africain fort bien recréé que vous serez catapultés. Parlons technique en intro, ça changera. A l’instar de tout le jeu, la technique a le cul entre deux chaises. Si le jeu est magnifique de jour, avec des effets de lumière saisissants, une distance d’affichage vertigineuse et des environnements qui paraissent avoir été copiés directement des plus beaux coins d’Afrique, tout se gâte la nuit. Car la nuit, point de lumières dynamique ni de HDR à tout va, et là, le jeu revêt un aspect plus « plastique » dérangeant. On aperçoit crûment la modélisation des décors qui sont finalement très basiques, avec des textures vraiment simples. Mais par contre le jeu est terriblement bien optimisé, prends très peu d’espace disque et fonctionne sur des configs modestes. Un réel point positif à souligner.

fac2pc011.jpgD’un point de vue gameplay, le jeu se présente comme un FPS ouvert. En gros on vous charge de différentes missions réparties un peu partout sur la très vaste carte du monde. Vous devrez alors vous y rendre par vos propres moyens, et vous pourrez choisir d’attaquer les différents camps de la manière dont vous le souhaitez. Sur le papier ça paraît excellent, mais au final toutes les missions se déroulent de la même manière. Les déplacements se font en voiture, car à pied c’est bien trop long, vous suivez les routes pour ne pas vous retrouver dans une jungle inextricable ou face à une montagne infranchissable. Et là, vous rencontrez le plus gros point noir du jeu : les points de passages gardés. Il faut savoir que dans ce morceau d’Afrique, tout le monde vous est hostile, en dehors des zones démilitarisées vous pouvez tirer sur tout ce qui bouge, car personne n’est votre ami. Ainsi toutes les routes sont occupées par des gardes qui feront feu à chacun de vos passages. Logique certes, mais très énervant sachant que même si vous vous arrêtez pour tous les massacrer, il réapparaîtrons lors de votre prochain passage. On se dit alors qu’il suffit de rouler sans freiner, et qu’on peut le prendre de vitesse. Hélas c’était compter sans l’IA.

fac2pc017.jpgElle aussi est en dents de scie, capable de prouesses tactiques de groupe, ou de stupidité bovine aux portes de l’abattoir. Vous serez surpris en une fois installé en sniper, de voir les ennemis prendre des voitures pour rejoindre votre position, ou vous encercler lentement sans que vous vous en rendiez compte. Mais parfois ils n’entendrons pas vos coups de feu à 10 mètres de distance, ou s’accroupirons dans un coin sans bouger pendant toute la bataille, ignorant complètement votre présence pour se plonger dans l’examen minutieux des textures dudit coin. Dans le cas le plus pesant, l’IA arrive à être à la fois intelligente et abrutie, comme dans le cas des voitures kamikazes. Pour reprendre l’exemple plus haut, c'est-à-dire traverser un point de contrôle à toute berzingue pour éviter le combat, les gardes grimperont en voiture pour vous poursuivre, souvent avec un mitrailleur qui vous canarde en sus. Ca pourrait être palpitant si ça n’arrivait pas tous les kilomètres, vous obligeant systématiquement à vous arrêter pour les tuer, voire même à réparer votre véhicule qui fume après quelques balles. A la fin du jeu vous aurez parfois à vous arrêter 4 fois ou plus le temps de rejoindre la mission. Insupportable.

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fac2pc021.jpgFar Cry est plein de fausses bonnes idées, comme les armes qui rouillent. En effet, pour peu que vous achetiez vos armes, elles ne rouillerons jamais, et ce côté du jeu deviendra obsolète. Pareil pour la malaria. Votre héros contracte cette terrible infection au début de l’aventure et parfois, sans raisons particulière, vous subirez une crise qui vous obligera à prendre des cachets. Cachets que vous devrez remplacer en effectuant des missions chiantes ô possible et toujours identiques. Le jeu faisait grand cas de vos alliés, qui viennent vous relever sur le champ de bataille, alliés que vous ne rencontrerez jamais ailleurs que dans des cabanes prévues a cet effet, et ils ne vous aideront qui si vous leur demandez. Pire, ils vous demanderont de l’aide pour remplir des missions annexes qui ne vous rapportent absolument rien.

fac2pc023.jpgMais malgré cette avalanche de reproches j’ai vécu de grands moments, et pris un plaisir fou à préparer mes attaques, me planquer dans les fougères, traverser un fleuve pour attaquer un angle différent, déclencher un feu de brousse qui, associé au vent, a rasé un camp, ou être pris dans un incendie involontaire etc… Si, dans un premier temps, je n’ai vu que ses défauts, j’ai petit à petit appris à aimer Far Cry 2, appris à me servir de la carte, appris à passer à côté des points de contrôle en coupant par la jungle, appris à explorer et trouver des lieux magnifiques qui n’étaient pas notés sur la map, bref appris à ne plus jouer à un FPS. Avant de refaire une mission et de m’énerver contre les kamikazes…

En fin de compte je suis toujours partagé par l’expérience Far Cry 2, et ne sais vraiment pas quoi en dire. Disons qu’à l’achat en l'état, il faut être vachement indulgent, et savoir prendre son temps. Pour apprécier le jeu plus simplement, il vaut mieux attendre qu’il sorte en occase ou en budget. Mais le titre n’est pas mauvais, juste enchanteur et énervant, comme un enfant mignon qui ne fait que des conneries.

Ecrit par Cartapouille

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