TGS 09 : le marché nippon entre crise économique et perte d'identité
Posté le 12 octobre 2009 dans Actualité
Quelques semaines après la fin du Tokyo Game Show, la crise dans le milieu du jeu vidéo japonais est encore palpable. Entre influences occidentales et perte de son identité propre, le marché nippon parvient tout de même à surprendre.
Le TGS est souvent un bon révélateur de la santé de l’industrie vidéoludique nippone. Et cette année, on peut dire que les conclusions à en tirer sont assez différentes selon le relais d'informations. Ne serait-ce pas simplement car le marché japonais cultive son ambiguité, à cheval entre crise profonde et redressement ?
La crise dans le JV japonais est bien réelle. C’est bien simple, très peu de titres nippons ont réussi à tirer leur épingle du jeu sur consoles next-gen. Seuls Capcom semble surnager autour de développeurs plus prompts à faire des miracles sur consoles portables. L’industrie japonaise paye aujourd’hui son atitude renfermée, voire même xénophobe. De plus, les principales technologies d’aujourd’hui (tel l’Unreal Engine) reposent sur des documentations anglaises, langue peu pratiquée au Pays du Soleil Levant. A contrario, les développeurs occidentaux ont su ingérer, puis digérer, plus de 20 ans d’influence nippone. Et aujourd’hui, ces titres occidentaux trustent les charts de par le monde (Assassin’s Creed, Call of Duty, Bioshock, etc.). La réponse des japonais a été simple : copier à leur tour.
La première observation concernant cette nouvelle vague de jeux japonais pour nos consoles réside dans la très grande occidentalisation des softs dévoilés. Quelque soit l’éditeur, on ressent une vraie volonté de toucher le marché américain d’une part, européen dans une moindre mesure, afin d’échapper au marasme du business local. Un éditeur comme Tecmo n’hésite pas à pomper allégrement du côté de Gears of War et exhibe son Quantum Theory. Même le chara design, pourtant réputé "supérieur" chez les japonais, paraît calqué sur le titre d'Epic Games. Idem chez Square Enix avec Nier, un beat them all qui ne semble pas exciter grand monde, moi y compris. Mais le géant du RPG nippon touche même à ses sagas maison, la preuve avec le dernier Front Mission, sous-titré Evolved et qui devient un bête jeu d’action à bord de méchas, en lieu et place du tactics que nous conaissions. Les exemples sont encore légions, mais terminons sur Konami qui a choisi de défigurer son Vandal Hearts pour lui offrir un design censé plaire aux barbares que nous sommes.
Capcom s’est posé comme un des fers de lance de cette démarche visant à adapter ses produits au marché occidental, aujourd’hui dominant. Des titres comme Dead Rising et Lost Planet ont essuyé les plâtres et connu un beau succès. Il ne fallait donc pas être étonné de voir les suites débarquer et enfoncer encore plus le clou. D’ailleurs, c’est au Canada qu’est développé Dead Rising 2, Capcom ayant choisi de le sous-traiter, mais toujours sous le contrôle de Inafune. Alors le marché japonais doit-il craindre de perdre son identité ?
Une lueur d’espoir subsiste encore. Car même si le marché nippon n’est pas au beau fixe, ses développeurs restent de véritables maîtres dès qu’il s’agit d’offrir de nouveaux concepts ou encore de développer des directions artistiques enchanteresses. Des titres comme Okamiden sur DS (fait par Capcom, la preuve que l’éditeur a l’intelligence de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier), The Last Guardian ou Final Fantasy XIII ont su enchanter les visiteurs. Sans oublier Level 5, l’éditeur qui monte, dont le stand sur ce TGS 09 était l’un des plus courus. Il faut dire qu’avec son line-up typiquement nippon (Inazuma Eleven, Professeur Layton, NiNoKuni), on sent que la team de Hino représente la relève de ce marché que nous aimons tant.
CouCou
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Commentaires
Level-5 est un vrai bon studio. Même sur des jeux plus moyens, il a toujours su garder un minimum qualité.
Je joue en ce moment à Dragon Quest : L'Odyssée du roi maudit, justement réalisé par level-5 est c'est vraiment un sacré bon jeu!
Ecrit par : Numerimaniac | 13 octobre 2009
Moi j'avoue que c'est Layton que je vénère. Je trouve l'ambiance de ces titres exceptionnelle.
Par contre, d'après les érudits du RPG, il semble que les projets solo de Level 5 dans le genre (Rogue Galaxy, Dark Cloud ou encore Whight Knight Story) pêche encore sur pas mal de points...
Manque peu être encore un peu d'expérience à la firme. En tout cas, c'est sûr qu'en apprenant auprès d'Enix (DraQue VIII et IX), ça devrait finir par payer.
Ecrit par : CouCou | 13 octobre 2009
J'ai beaucoup aimé Dark Cloud, Dark Chronicles et Rogue Galaxy. Ce dernier, sans être exceptionnel, fournit pas mal d'éléments de D-RPG et une durée de vie gargantuesque, tout en parvenant à se détacher quelque peu du lot. Et visiblement la licence Dark Cloud pourrait fêter son retour ! Reste que j'aimerais bien voir Inazuma débarquer en américain.
Ecrit par : Memento | 14 octobre 2009
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