Coopération : mes partenaires ont la classe
Posté le 06 novembre 2009 dans Analyses
Il faut bien avouer que depuis cette génération de console on a souvent l'occasion de coopérer. Ce n'est pas toujours simple et ça demande un peu de coordination, mais c'est souvent très convivial. Coopérer peut même rendre un mauvais jeu très appréciable. Toutefois, cela montre vite ses limites selon son partenaire et des lacunes peuvent vite se faire sentir quand on joue avec un taré de première. Tirés des méandres de mon esprit tourmenté par les jeux de rôles, voici sept clichés de coéquipier.
Le stratège
Économe et raisonnable, le stratège agit avec parcimonie. Son cerveau est en ébullition permanente car il cherche à optimiser le moindre effet : trajectoires, probabilités de réussite, fiabilité de l'information. Il passe du coup la plupart de son temps à faire des calculs pour renseigner son équipe. Toutefois, il n'en demeure pas moins redoutable une fois seul. Isolé, on dit même de lui qu'il est un lion blessé, particulièrement imprévisible, et peut mener le dragée haute à une escouade entière tant que l'environnement est à son avantage. Car si il est un truc qu'on oublie parfois de dire sur lui, c'est qu'il sait. Son truc, c'est appréhender rapidement la géographie des lieux pour progresser lentement mais surement. Le radar, c'est lui qui l'a inventé. Il peut deviner, savoir, être. Et débusquer le vice, le malin, le stratège d'en face. Pour lui glisser une balle de 12mm dans l'oreille, en se boursouflant la gueule à coup de gadoue ignoble, une bouteille à la main, même pas fatigué.
Le stratège peut parfois se spécialiser pour optimiser ses interactions avec le décor. Il peut alors devenir technicien, et se consacrer à ses passions pour devenir artificier, assassin ou mécanicien.
« Engager le combat avec un vent contraire de 3m/s exigera de moi 1.3 fois plus de calories pour tirer une rafale, rafale qui subira une poussée inverse de 354 Pascal. Heureusement, j'ai pris 3 Mole de barre vitaminées y a pas 10min. »
Le burlesque
Le burlesque est imprévisible. Les plus sains d'entre eux sont les plus drôles : ils mettent à profit la moindre situation pour se fendre la gueule et n'hésitent pas à partager leur amusement ; ils sont les troubadours des temps modernes, se parent des couleurs les plus vivent et amusent la galerie. Mais n'en déplaisent à leurs détracteurs, aussi décalés qu'ils puissent paraître, ils n'en sont pas moins redoutables. Car plus que tout autre, ils aiment l'inhabituel, la surprise, l'incommode. Des illuminés, parmi ceux-là, ont trouvé en cette occasion la possibilité de disséminer mort, vide et silence aux réfractaires de l'humanité. Ceux qui ne respectent pas suffisamment la vie, selon eux, risquent par ailleurs d'avoir quelques problèmes. Avec ça se dessine le portrait d'un burlesque absolu, d'un fou, d'un calvaire à tout point de vue. Inutile de penser coopérer avec ceux-là, car ils vous aiment et vous détestent, et ne partageront leur talent pour la mort qu'avec leur semblable. Ils forment une arme de choix, quelque soit les conditions, et leur préférence affiché pour le meurtre domestique (de la fourchette en plastique au trombone) ne les destinent pas à travailler en groupe. Si bien qu'on évite de les cotoyer, en particulier aux heures de repas.
Il est dit que : « Hilarité et optimisme sont leur seules contraintes, et qu'importe combien le ciel gris, ils chantent en toute heure la mort de leur ennemi. Si bien que le matin naissant, au milieu de leurs amis, joie et cordialité font leur premiers pas dansant. »
« Quand j'étais petit je faisais de la couture. Maintenant je préfère manger des chats. »
Le timide
Le timide est un spécialiste pour se planquer et un fourbe de première. Généralement hésitant, il reste longuement aux mêmes endroits et se contente de passer un bras pour tirer au hasard. Rarement suffisant pour effectuer le boulot, cette technique est néanmoins suffisante à terme pour venir à bout d'une phase d'assaut. Une fois la phase terminée, le timide se met immédiatement à fureter aux alentours pour trouver un endroit susceptible d'être sa nouvelle position. Il est farouche, maniaque, se déplace peu souvent et fait fi des instructions. Il se contente généralement de camper une position jusqu'à ce que tout danger soit écarté et ne reprend ses sens que lorsque le calme plat se fait prolongé. En général, le timide ne pense qu'à sa gueule, mais il peut parfois braver le danger pour sauver un petit rongeur. Il aime ses familiers et ses familiers lui rendent bien : une paire d'yeux en plus, ça n'a jamais fait de mal.
A noter que le timide est pleinement fonctionnel une fois ivre. Mais encore faut-il qu'il déniche une bouteille intact. Dans un tel état d'euphorie, le timide l'est un peu moins, et étoffe son armement plus en avant : mines, grenades, et autres explosifs au fonctionnement basique. Autant de solutions ridiculeusement simples qui n'exigent pas de lui autre chose que rester sur place.
« Vous me direz quand c'est fini, hein ? Dites ? »
L'étourdi
L'étourdi marche souvent tout droit. Il parcourt la distance maximum, n'a aucune notion de stratégie ou d'anticipation, mais n'aime pas qu'on le critique, car il joue pour s'amuser. Quelque part, il est bien conscient de ses failles, mais n'en a que faire. Ainsi, il ne surveille pas ses munitions, n'en ramasse que par hasard, et, tandis qu'il avance à l'aveuglette, meurt souvent en premier, sans forcément comprendre pourquoi. Il est une cible idéale mais ne participe même pas à faire diversion, car il meurt souvent vite et de manière assez pathétique. Non content de gaspiller les ressources du groupe, il place ses coéquipiers dans un état de stress qui vient s'ajouter à la fébrilité d'avoir perdu un équipier. Parfois sa présence donne lieu à des violentes explosions d'inimitié et de colère, plaçant ses partenaires dans la situation délicate d'un fratricide nécessaire, ne pas s'y résoudre menant souvent à la mort du groupe.
A défaut d'écouter les ordre ou les objectifs, il écoute parfois les conseils, et appliquent en général ceux dont il peut tirer rétribution : échouer moins vite, ou de manière amusante, lui donne envie de faire un effort. Cela ne l'aidera pourtant que rarement à devenir efficace et il n'en fera souvent qu'à sa tête.
« Krrrr krrrr... suis perdu... krrrrr... ..né à droite... krrrr... ...secours. »
Le bourrin
En voilà un qui considère que réfléchir est une perte de temps, et qui préfère agir, souvent vite et brutalement. Aussi, sa polyvalence s'arrête à des qualités de destruction. Qu'importe, le bourrin est un roc, une armada, un coup de crosse dans les gencives. Sa perspicacité lui dictent qui neutraliser en premier et comment, et il s'évertue à paralyser rapidement les rangs adverses, lesquels ont rarement la chance de résister à un assaut frontal. Et si l'effet de surprise lui est souvent favorable, il se retrouve parfois en mauvaise posture. Voilà donc une comète qui aura parfois besoin d'être relevé, pour repartir aussitôt à l'assaut et laisser une énième trainée sanguinolente dans le décor.
En vérité, un bourrin c'est un impatient, un mec qui tient pas sur ses jambes. Ça le démange d'aller voir en face et il peut pas s'en empêcher. Du coup, ça a du mal avec les notions d'objectifs et de stratégie. Pourtant, quelque part, il sait quoi faire car il sait la guerre : c'est un mec du genre instinctif, qui aime résoudre les situations critiques et passer pour un héros. Il est du genre à se reposer sur cette microscopique chance de réussite, bravant le destin le plus incongru, sans jamais se résigner à abandonner. Il est Pantagruel, Goliath, Hippolyte.
« Moi, ma bite et mon couteau ».
Le meilleur ami
Le meilleur ami a engendré des générations de médecins. Doué d'une empathie hors du commun, celui-ci s'évertue à prendre soin de ses coéquipiers en toutes circonstances. Il reste généralement en arrière et ne brave le danger que pour rejoindre un partenaire dans le besoin. Il s'équipe essentiellement d'armes à longue portée telles que sniper et arbalète et évite de se charger inutilement en portant des armes lourdes ou des explosifs. Aussi, comme c'est votre meilleur ami, il est serviable, aime faire la cuisine, a souvent des confiseries à vous donner et aime réconforter ses copains en chantant une berceuse pour les aider à s'endormir. Certains meilleurs amis se spécialisent par la suite en biologiste (ou en chaman), se donnant la possibilité de développer des choses contre-nature. Juste pour être votre meilleur ami.
Il faut aussi savoir que même si il est un coéquipier de support il ne cherche pas à anticiper, contrairement au stratège, et préfère analyser après coup les évènements. On peut se l'avouer, après coup aussi, le meilleur ami est quand même un peu con.
« Tu sais, je t'aime vraiment. Et je vais te le prouver en te cuisinant un bon petit cassoulet. »
Le monstre
Le monstre est un coéquipier qui a perdu son humanité, soit parce qu'il est devenu dingue, soit parce qu'il est dans un état de technicité qui le ferait passer pour un autiste. Dans tous les cas, le monstre est une bête, un dieu vivant, un véritable boucher ambulant qui en plus de multiplier les meurtres les plus horribles, en a besoin. Si un de ses partenaires devait se retrouver dans la ligne de mire (prenons un exemple concret : l'étourdi), nul doute que cette situation problématique ne pourrait se résoudre que dans l'horrible et inopinée mutilation de son corps, broyant muscles et os, faisant fi d'idées telles que « amis » « partenaires » et évidemment « tir fraternel ». Au delà de la simple idée d'une violence pure, le monstre l'est aussi parce qu'il est putain de doué. Il n'est pas de situation qu'il ne sait résoudre, et si il faut faire péter un immeuble pour arriver ses fins, non seulement il le fera, mais en plus il sait comment faire. Il maitrise tous les types d'armes – en porte plusieurs à la fois, boit du sang humain, sait tout faire à la fois (construire une bombe artisanale en cuisinant une langoustine tandis qu'il résout un problème mathématique complexe). Bien sûr, il conserve des trophées de ses victimes (lobes d'oreille, globes oculaires, voire pire) et ignore les notions les plus fondamentales d'une progression classique : mesure, recherche, coopération. Il court aussi vite que vous ne courrez jamais, est plus musclé que vous ne le serez jamais, parle 23 langues et collectionne les conquêtes. Aussi, il ne rencontre aucun problème lors des boss de fin niveau, car il en est un.
Ah, et ne me parlez pas de le retenir, je vais devenir grossier.
« Facile. »
N. B. : Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour définir mon type de jeu, mais je penche entre bourrin et stratège, même si mon cœur va à burlesque. Et vous, quel type de coéquipier êtes-vous ?
Memento
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Commentaires
Je suis plutôt du genre stratège... du moins dans l'âme, parce que j'ai souvent pas la dextérité nécessaire pour réaliser mes plans.
Il n'y a que dans Battlefield 1943, assez ouvert et tolérant que j'ai pu montrer toute l'étendue de mon talent. Je dirais même que quand je m'y mets, j'ai l'âme d'un superviseur. J'avais aussi appris à être un as au char d'assaut.... peut-être un peu bourrin!
Ecrit par : Numerimaniac | 07 novembre 2009
J'adore ces deux phrases, j'ai bien ri, peut-être qu'elles me représentent aussi, d'une certaine façon :
"A noter que le timide est pleinement fonctionnel une fois ivre."
"On peut se l'avouer, après coup aussi, le meilleur ami est quand même un peu con."
Ecrit par : newo | 07 novembre 2009
J'pense que je me situe quelque part entre Le bourrin et le Burlesque, plus ou moins proche de l'un ou de l'autre selon le jeu ou mon humeur.
Ecrit par : Wakse | 15 novembre 2009
Dossier très original et interessant ! :)
Ecrit par : Jujumemess | 15 novembre 2009
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