17.10.2008
Test Musical - vol. 5 : Pure
Suite au récent test de Pure, il a été mis en lumière qu'une des plus grosses réussites de ce jeu était sans nul doute le grand plaisir ressenti résultait en y jouant. La sensation de défouloir gigantesque ainsi que l'ambiance fun de manière générale ont fait de ce jeu une des grandes surprise de septembre. Alors, outre la réalisation hallucinante et tout bêtement le fait de faire n'importe quoi sur un quad à des hauteurs vertigineuses, je pense que la bande originale est pour beaucoup dans cette débauche de joie de vivre. Retour sur une musique qui indéniablement ne vous laissera pas indifférent.
D'un point de vu global tout d'abord, l'ensemble de cette bande originale est une compilation de morceaux. Donc, si vous le voulez bien, au menu pas de rétrospective sur un éventuel compositeur talentueux mais plutôt une sorte de corrélation entre musique, symbolique du jeu et attitude des protagonistes. Mais, dans un premier temps, un petit coup d’œil sur la tracklist de Pure me parait important, voire même essentiel. Le style est assez varié : composée de 25 titres au total, ce qui n'est pas mal du tout, cette BO repose sur des morceaux essentiellement rock ou electro-rock. De multiple influences se démarquent, ainsi on aura des morceaux rappelant la grande époque de Kiss (Wolfmother, Pop Levi) et on ne pourra pas s'empêcher de penser à ACDC après une écoute de The Datsuns. Mais on retrouvera également des groupe aux références un peu plus récentes tel que The Futureheads, aux accents très pop british, ou encore The Wings, évoquant les Foo Figthers. Et c'est sans parler des morceaux electro pop. Bref que des ziks soigneusement choisies pour vous mettre le speed. Chaque titre vous mettra d'ailleurs dans le bain de la course puisque chacun exprime le message premier du soft de Black Rock : toujours plus loin toujours plus vite. Alors que peut-on déduire de tout ça ? Du rock (excellent) des quads (magnifique), les plus beaux paysages du monde (grandiose), et des jeunes milliardaires (superbe)...


Si je vous dis le Springbreak, ça vous dit quelques chose ? Certainement ! C'est le moment de l'année où les étudiants américains se lâchent et font n'importe quoi à Tijuana. Pure est tout à fait dans cet esprit là. Il faut juste injecter une petite dose d'un truc dont on n'avait pas parlé depuis un bout de temps, le rêve américain. Ces jeunes inconscients (puisque vraiment inconscients) nous font quelques part rêver. Vous n'auriez pas envie de tous plaquer pour partir aux quatre coins du monde pour vivre votre rêve ? Qu'il soit de faire du quad ou d'autre chose ? Avoir tellement d'argent que vous n'en avez vraiment plus rien à carrer de votre banquier ? Pffffffff le quad : ouais, pourquoi pas... En Thaïlande ? Ah ouais !!!. Et bien la BO de Pure vous dit tout ça, elle vous dit de tout plaquer, que le fric n'a plus d'importance. La seul chose qui compte, c'est d'être rock. Les grosses batteries bien mixées en avant vont résonner dans vos têtes, les solos de guitares vous empêcheront de dormir. Ce jeu est un concentré de Springbreak, un appel à la liberté. Alors, en ces temps de crise financière, on peut presque se demander si Pure peut être assimilé à un antidote pour le moral des ménages. Et bien presque, non pas que la BO vous transporte vraiment loin, après tout le rock, la pop, on en entend tous les jours, mais parce que cette dernière vous fera, l'espace de quelques instants, l'impression d'un électrochoc, faisant ressortir le révolutionnaire qui est en vous.
Que l'on ait aimé ou pas ce jeu, le moins que l'on puisse dire c'est que la BO a été plus que réussie, elle colle parfaitement à l'ambiance "foufou" du soft. Elle rappelle une certaine forme d'insouciance, de festivité qui ne sera pas sans rendre la plupart d'entre nous envieux. Et c'est bien là le propre du jeu vidéo, procurer du rêve, oublier les problèmes de la vie courante, les crédits, la paye misérable, les impôts... Là, vous n'êtes qu'un jeune qui s'éclate avec de la pire musique dans les oreilles. Bref, le jeu est une réussite en partie grâce à sa BO. En ce sens bravo aux gens de Black Rock qui ont su complètement percevoir l'importance d'une bande originale dans ce genre de produit.
Ecrit par Kreu
19:51 Publié dans Test Musical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : black rock studio, quad, disney interactive studios, pure, xbox360, ps3, pc
16.08.2008
Best of - Test Musical
[Best-of] La musique est peut-être l'une des plus belles inventions de l'être humain (après l'écriture pour citer un perso du film Fight Club). Loin d'être un expert en la matière, il est facile de savoir qu'elle tient un rôle prépondérant dans le secteur du jeu vidéo. Certaines se démarquent cependant plus que d'autres, permettant une immersion différente dans le soft. Nous avons voulu témoigner de notre profonde admiration pour certaines d'entre elles en leur rendant hommage. Ainsi, loin d'être une critique pointue, à la team de CS on a tenu à vous présenter celles qui nous ont le plus marqué, relatant nos émotions dans divers passages de jeux.
Test Musical volume 1 - Kameo
Test Musical volume 2 - Fight Night round 3
Test Musical volume 3 - Kingdom Hearts II
Test Musical volume 4 - Fahrenheit
06:00 Publié dans Test Musical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.05.2008
Test Musical - vol. 4 : Fahrenheit

La musique dans Fahrenheit tient un rôle prépondérant. Le jeu flirtant avec le cinéma elle permet, comme dans un film, une implication grandiose dans l'univers et dans l'action. Quoi de mieux donc que de choisir un compositeur sorti tout droit du cinéma ? Fahrenheit étant doté d'une ambiance toute particulière à la base, il fallait donc à Cage un monsieur qui sache appréhender ce genre d'esprit. Il opte alors pour Angelo Badalamenti (le monsieur sur l'image de une). Nom pour le moins étrange aux oreilles d'un néophyte, mais sachez que cet homme est responsable de la plupart des bandes originales de David Lynch. Ils ont notamment collaboré sur Twin Peaks (la série et le film). Bref c'est un ponte. En jouant au jeu, on peut tout de suite distinguer ses morceaux des autres. Ils sont différents. "Lucas' Main Theme" et "Carla's Main Theme" se démarquent par leurs singularités. Mais en approfondissant un peu, c'est l'ensemble de la BO du jeu qui est singulière. Ce n'est pas une BO de jeu, mais bien une créée comme celle d'un film.
Vous l'aurez compris, je vais insister une nouvelle fois sur l'aspect cinématographique de Fahrenheit. Mais bon, là c'est tellement flagrant, nous ne sommes pas dans l'excès habituel du jeu vidéo. On est loin d'un jeu d'aventure classique, avec un BO pleine de moyens et de la grosse cavalerie à tous les étages, c'est une BO toute en souplesse, posée, mettant en exergue la qualité scénaristique et de la réalisation au sens "mise en scène" du terme. Enfin, on ne peut rester indifférent tant elle colle à l'ambiance générale du soft. Les deux morceaux de Badalamenti sont magnifiques dans leur justesse vis à vis de leurs fonctions. En effet, ils sont consacrés aux deux personnages principaux de l'histoire, Lucas et Carla. Le thème écrit pour lui est torturé, plein de mal-être, le désespoir est présent également. C'est un morceau plutôt mélancolique dans ses grandes lignes. On peut ressentir un brin de fatalisme, comme si Lucas s'était arrêté pour nous dire : "pourquoi moi ?". Cette impression est due en grande partie à l'utilisation des instruments à cordes : beaucoup de violons et de violoncelles jouant très lentement, comme si eux-mêmes étaient défaitistes. Puis le morceau remonte dans les aigus, comme pour signifier la sortie d'un long tunnel ; une sorte d'espoir naissant, qui finit par s'écrouler à la fin. C'est en gros l'histoire de Lucas dans le jeu, la retombée musicale concernant la fin, où quoi qu'il arrive, d'énormes responsabilités lui incomberont. Responsabilités dont il n'a pas voulu, d'où le défaitisme certain que m'inspire ce morceau.
Le thème de Carla est quelque peu différent, car même si l'on est en présence d'instruments à cordes, leur utilisation est légèrement autre. Déjà, la présence d'un piano rend le tout beaucoup plus abordable, il représente pour moi une certaine forme de naïveté, tout en restant inquiétant. Cela me fait penser à une musique de film d'investigation. Vous me direz certainement que le comparatif est facile mais c'est vrai, on imagine tout à fait un flic de polar rentrer dans une pièce noire avec sa lampe de poche pour découvrir deux minutes plus tard la présence d'un cadavre sanguinolent. Pour l'aspect naïf, je pense en fait à l'évolution de Carla dans l'histoire. Elle n'a conscience de rien au début, elle enquête sans savoir. Puis, on enchaîne sur la partie sans piano, et donc légèrement plus inquiétante. Celle-ci est d'ailleurs entamée par un grand coup de caisse claire, comme si l'on venait de sonner un glas symbolique. Cette période se rapproche de sa traque de Lucas. Puis, plus on avance, plus on se rapproche de la situation du début, vers une naïveté certaine. Sentiment que l'on comprend puisqu'à la fin, elle est enceinte, et n'a quasiment aucune idée de ce que Lucas a comme responsabilités. Mais globalement, la fin du morceau exprime comme une sorte de sentiment d'accomplissement, elle a l'air sereine. Reste juste une petite intuition, exprimée musicalement par l'impression que ce morceau est incomplet. La dernière note est comme laissée en suspens, laissant toute les questions ouvertes.
Le reste de la BO est certes intéressant, mais globalement l'essentiel est condensé dans ces deux morceaux, le reste étant pour moi un peu caricatural, même si en prenant Fahrenheit comme un film, les clichés doivent être légions (le flic black qui ne sert pas à grand-chose, c'est vu et revu, Cage lui fait écouter de la disco et habiter dans un musée des années 70, même si perso je suis fan de ce genre de musique). Mais ce qui me dérange plus, c'est que pour Carla et Lucas, la musique qui leur est associée permet de faire passer un message, de comprendre leurs psychologies, d'approfondir la relation qu'a le joueur avec ses personnages. Bref de créer un dialogue. Et pour Tyler ce message est un peu plus dérangeant car léger et caricatural une nouvelle fois. Mais ceci n'est qu'une interprétation et elle peut laisser perplexe. Mais c'est pour cela que je terminerai en disant que c'est une BO extrêmement réussie, car porteuse de polémiques, un peu à l'image du jeu.
Posté par Kreu
16:00 Publié dans Test Musical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : test musical, fahrenheit, angleo badalamenti, david cage
22.03.2008
Test Musical - vol. 3 : Kingdom Hearts II

Troisième test musical, consacré à Kingdom Hearts II et sa B.O. Non pas qu’elle soit remarquable - et vous verrez pourquoi ci-après - mais certaines choses font que des éléments musicaux ou apparentés ressortent, et méritent toute notre attention. Nous aborderons des thèmes plutôt étranges dans un test musical, mais après tout, n’est-ce pas le propre de cette rubrique, vous surprendre encore et encore ? Mais trêve de bavardages inutiles, ou presque, et laissons place à la musique.
Tout d’abord, parlons de l’auteur ; c’était elle qui déjà sur le premier opus nous faisait frémir grâce à de sublimes musiques dignes des plus grands compositeurs. Mais au fait, qui est-elle ? Il est vrai que cette personne, aussi douée soit elle, n’en est pas moins inconnue au bataillon. Et bien figurez-vous que le talent paie toujours, car si elle n’est pas trop connue ni chez nous ni aux Etats-Unis, elle œuvre pourtant depuis bien longtemps pour l’industrie du jeu vidéo. Ainsi elle est à l’origine de la musique de Parasite Eve 1 et 2, mais aussi, bien avant, de Front Mission (et même si elles ont été réalisées en compagnie de Noriko Matsueda, c’est à partir de ce moment-là que son talent sera révélé au grand jour) ; suite à cette grande réussite, Nobuo Uematsu lui demandera de réaliser les musiques de Super Mario RPG, et là encore, le résultat fut plus que probant. Bref vous l’aurez compris, la dame n’en est pas à son coup d’essai. Alors son travail va-t-il coller aussi bien aux personnages du second Kingdom Hearts, plus travaillés, plus adultes, qu’à ceux du premier ?
Tout d’abord, les premières notes du jeu. Elles interviennent après un long silence. Et c’est une chose importante dont nous reparlerons plus tard. Ces notes sont douces et légères, collant parfaitement au fond, qui représente Sora mangeant une glace, les pieds dans l’eau. Tout ceci sur de jolis tons pastels et sur fond blanc. Il fallait cet intermède. Le joueur assidu (j’entends par là le joueur ayant joué aux trois KH) attend ce moment avec impatience. Cette musique soulage, rassure. On va retrouver Sora, le sortir de son mauvais pas. Quant aux autres, les néophytes, c’est une musique d’accroche, qui donne envie d’aller au-delà de ce simple écran titre, comme l’envie de se laisser bercer par le flot régulier de notes, tel un cours d’eau qui nous raconterait une histoire…
Un des points qui avait fait le succès de la bande originale du premier KH, c’est son thème, Simple and Clean. Après ce court intermède sur le menu, la partie s’engage, et avec elle, la cinématique de début de jeu. Les premières notes du nouveau thème se font entendre. The Sanctuary, tel est son nom. Ce n’est pas au hasard que ce nom a été choisi. The Sanctuary, sanctuaire en français, représente le cœur et l’aspect fermé de celui-ci, symbole de tous les secrets de l’Homme, l’âme en quelque sorte. Il rappelle aussi la condition de Sora dans son enfermement, comme prisonnier de son propre cœur. Contrairement au premier thème, celui-ci s’avère plus plat dans sa construction, et donc forcément décevant à la première écoute. Simple and Clean était plein de frasques, il s’envolait de temps à autre, pour redescendre par la suite, bref, c’était un morceau plein de vie. Cependant ne vous méprenez pas, The Sanctuary prend une toute autre dimension si on le réécoute après avoir fini le jeu. Il est comme Sora, je dirais même que c’est en fait Simple and Clean qui a grandi. La musique se laisse moins emporter par son propre entrain. Elle est plus mesurée, plus adulte, plus mûre, par moment même difficilement compréhensible. Bref, elle réagit comme notre héros, et finalement comme chacun de nous…
Les premiers contacts avec le jeu en lui-même s’effectuent de manière plutôt timide. C’est un nouveau héros, Roxas. Les «habitudes» de jeu changent donc. Si on fait la comparaison avec le premier, on sort d’un Sora tout fou, et on arrive sur un Roxas moins péchu, un peu renfermé, bref timide. La musique colle parfaitement à ce ressenti. C’est une mélodie en demi-teinte, que l’on ne remarque pas trop. Elle est cependant chaleureuse si on s’y attarde un peu. Tantôt lancinante mais rarement lassante, elle s’associe à merveille avec la ville et l’univers qui l’entoure. Twillight Town (ville du crépuscule) est en effet mise en valeur par des couleurs chaudes qui mettent en exergue l’instrument principal de la mélodie : beaucoup d’orange, de rouge, etc.… De plus, c’est la fin des vacances et pour la bande de jeunes dont vous faites partie, cela veut dire beaucoup. Ce genre de musique s’adapte donc tout à fait à la situation de ce début de jeu.
De manière plus générale, les musiques sont plutôt sympas, mais il manque quelque chose. En effet, elles sont changeantes en fonction du décors, vous avez en gros trois musiques par monde, une pour les combats, une pour les phases courantes, et une pour les boss. Bref, elles ne sont pas faites sur mesure pour le héros, mais se calquent plus sur les mondes explorés. Cependant, un détail sauve la donne, la gestion des silences. Si on prend l’espèce de tutorial où l’on joue Roxas, l’ambiance est créée par une subtile alternance de silences musicaux, suivis d’une reprise subite de la mélodie. Cet effet empêche la redondance des mélodies, et vous tient en haleine lors des principales phases scénaristiques. Bref, le mérite revient peut-être plus à la réalisation et au mixage qu’à la compositrice elle-même (sans renier son travail).
Posté par Kreu pour Console Syndrome
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19:05 Publié dans Test Musical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : test musical, kingdom hearts 2, yoko shimomura
28.02.2008
Test Musical - vol. 2 : Fight Night round 3
Deuxième test musical et vous le constaterez, le changement est flagrant. Plus de jolie jeune fille en mini jupe (quoi que…) virevoltant sur les musiques douces ou endiablées d'un Steve Burke magistral. Cette fois ci, laissons place à la chair, au muscle, à l'entrechoquement d'os et de tendons. Place au rap made in USA exporté par EA Games avec son Fight Night Round 3 impressionnant. Place à la boxe et à ses plus grands artistes. Lecteurs, lectrices, je vous demande d'accueillir les plus grands : Muhammad Ali, Joe Frazier, et beaucoup d'autres. Mais pour les accompagner, ça ne sera pas moins que Akon, Consequence, Sean Biggs et toute une flopée d'autres.
La boxe comme musique.
Je sens déjà vos regards se poser sur moi : un test musical sur un jeu de boxe ? Un jeu où la majeure partie du temps, il n'y a pas de musique. Alors s'il n'y en a pas, comment la personnifier, lui donner une existence et ainsi justifier mon papier ? Je sais pertinemment que vous vous le dites, on m'a fait la même réflexion à la rédaction. Ce à quoi je réponds que la boxe n'est pas qu'un sport de combat ou les participants se foutent sur la gueule gratuitement, jusqu'à ce que l'un des deux s'écroule. Bien au contraire, la boxe est un art basé sur le rythme. Mais pour bien la comprendre, il faut l'analyser. Un des éléments essentiels de la boxe, c'est le jeu de jambes. Si Ali était si fort, c'est grâce à ça. Il dansait sur le ring. Oui, oui, il dansait ! Mais ce n'est pas tout. Comme je viens de le dire, le rythme est plus qu'essentiel dans la boxe, ainsi, tous les éléments de ce sport feront appel à cette donnée : les contres, les esquives… Tout changement de ce dernier entraînera une altération de la couleur du combat, une accélération, une temporisation, la baisse de régime. Tout ça n'est finalement qu'une histoire de tempo. Chaque être humain vit sur un rythme qui lui est propre, comme une musique interne. La comprendre, c'est comprendre l'autre. En boxe, saisir cette notion c'est anticiper les coups de son adversaire, donner un faux rythme au combat pour favoriser les contres ou épuiser votre adversaire. Bref la musique tient un rôle prépondérant dans ce sport, ne la voyez donc pas dans ce jeu comme un simple habillage, sorte d'excuse pour vous faire passer le temps, mais envisagez plutôt le combat comme continuation de la musique, et ainsi le jeu comme un album gigantesque qui ne vous passera jamais le même morceau.
La musique comme combat
Le plus gros changement de ce test musical, c'est certainement (et ce plus que le genre du jeu en lui-même) le style de musique. En effet, on passe d'une musique orchestrale à du hip-hop et autre R&B musclé, surprenant n'est ce pas ? Opter pour ce genre de musique avec un jeu de boxe est loin d'être anodin. Ces artistes sont les descendants direct du blues, jazz et rythm and blues (époque Aretha Franklin). Bref, des styles musicaux marqués par l'Histoire, et accompagnant diverses sortes de luttes. Le blues est né lors de la traite des esclaves et servait à chanter leurs peines. Le jazz a marqué la seconde guerre mondiale en Allemagne et ailleurs, et le R&B a connu son apogée au cours de l'Apartheid. Bref, encore une fois, ne vous arrêtez pas aux simples apparences, ce n'est vraiment pas qu'une musique d'accompagnement, mais la résultante de nombreuses années de lutte. La musique peut être elle aussi apparentée à un combat. Il fallait donc une musique qui colle parfaitement aux situations de défi permanent dans lesquels se retrouvent les boxeurs. Et quoi de mieux que la marque de l'Histoire pour l'âpreté de l'univers de ce sport. "Les deux font la paire" comme on dit…
Le hip-hop et la boxe.
La boxe anglaise a toujours été un sport géré par les bourgeois et aimé de la classe populaire. C'est encore vrai aujourd'hui. Les boxeurs sortent toujours des pires taudis du monde. Les bobos sont toujours assis au premier rang, et les prolos devant leur télé. Il n'empêche que, pour en revenir à notre sujet, le choix d'une telle musique n'est encore une fois pas dû au hasard. En effet, avec le temps, les quartiers mal famés ont changé et de nouvelles cultures sont apparues. Ainsi, fini les italiens gominés aux airs de mafieux, et place aux afro-américain et à la culture gangsta-rap. L'un se nourrissant de l'autre et vice-versa. Le hip-hop renforce le coté bad-boy des boxeurs. Tout cela fait partie du spectacle. Idem quand une bagarre éclate et que le combat se transforme en bagarre générale. La culture hip-hop s'est emparée de la culture qui accompagnait la boxe. Tout n'est qu'affaire de ventes. Nous sommes des êtres primaires, ce qui nous fait acheter c'est la violence et le sexe. Les deux éléments dont nous parlons sont basés là-dessus. Les pépés entre les rounds seront de plus en plus dévêtues et les arbitre de plus en plus laxistes. Dans le Rap, on peut regarder des clips s'apparentant à des films X, et les paroles des chansons appellent à la violence depuis sa création. Bref vous m'avez compris, les deux partis sont extrêmement liés, à l'heure actuelle, l'un ne peut aller sans l'autre. Le choix de cette musique est donc parfaitement adapté à un tel jeu, elle crée une ambiance et donne un aspect réaliste aux choses. Comme une sorte de proximité avec les boxeurs.
Posté par Kreu pour Console Syndrome
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18:30 Publié dans Test Musical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : test musical, fight night round 3, ea sports, boxe, musique, hip-hop, rap
14.01.2008
Test Musical - vol. 1 : Kameo Elements of Power

La musique est peut-être l'une des plus belles inventions de l'être humain (après l'écriture pour citer un perso du film Fight Club). Loin d'être un expert en la matière, il est facile de savoir qu'elle tient un rôle prépondérant dans le secteur du jeu vidéo. Certaines se démarquent cependant plus que d'autres, permettant une immersion différente dans le soft. Nous avons voulu témoigner de notre profonde admiration pour certaines d'entre elles en leur rendant hommage. Ainsi, loin d'être une critique pointue, à la team de CS on a tenu à vous présenter celles qui nous ont le plus marqué, relatant nos émotions dans divers passages de jeux. Ce mois-ci, Kameo. Le petit chef d'œuvre de Rare est agrémenté de morceaux somptueux. Dans ce jeu la musique tient une place plus que prépondérante, c'est un personnage à elle toute seule. Nous allons donc essayer de la personnifier et de voir son importance sur le personnage principal, le scénario et le joueur.
Naïveté
Interprétée par l'orchestre philharmonique de Prague, la bande son est dans Kameo quelque chose de puissant, elle est présente tout au long de l'aventure. Tantôt rassurante, stressante et même conquérante, Steve Burke (le compositeur) nous offre un compte rendu parfait des émotions du personnage. Ainsi, le " Hero's theme ", présent à de nombreux passages du jeu, aura une grande influence sur le joueur et sur l'héroïne. C'est pour moi une des musiques les plus réussies du jeu. On sent toute la détresse du personnage, son mal-être, mais aussi son désir de vengeance, sa fougue et sa hâte. Ainsi dans la première scène du jeu (votre passage dans le château de Thorn),
ce morceau se fera entendre à des moments importants et bien précis. L'arrivée des premiers Trolls sur Kameo par exemple. Cette dernière s'étant précipitée derrière Thorn, qui a enlevé sa famille, et ce sans préparation aucune. Ce thème l'accompagne, vivant au même rythme qu'elle et il en va de même pour le joueur, qui suit l'aventure au rythme de la musique. C'est elle qui lui fera ressentir les émotions précises de Kameo qui, face au troll de Thorn n'est pas bien rassurée malgré la protection de ses guerriers élémentaires.
Dans un autre registre, un des rares thèmes chantés de cette B.O., "Enchanted Kingdom", se fera entendre dans la salle du trône des royaumes enchantés, siège de la famille royale. Ce merveilleux morceau, apaisant, nous montre à quel point la famille est importante pour Kameo. La voix langoureuse et susurrante de Aisling Duddy nous permet de comprendre ce point. Rappelant certainement les berceuses ainsi que l'amour maternel manquant à Kameo. Et c'est donc de cette manière que tous les thèmes de villages vous rappelleront des émotions differentes, non relatives à votre quête principale. Le thème de noël est ainsi abordé dans la cité de glace à travers un morceau tout en rondeur " The Snow Pride ". Cette œuvre légère par sa badinerie rappellera d'ailleurs un personnage de Pierre et le loup, le canard. Le tuba y est, là aussi, à l'honneur, parfait pour interpréter le dandinant bipède. L'instrument s'adapte parfaitement à ce genre de situation pleine de bonhomie. Mais ceci est une autre histoire concoctée par un autre genie, Serge Prokofiev.
Lucidité
A l'inverse, le morceau "Thorn's Passe" se démarque par une volonté de rapidité mais aussi d'assurance. Remis en situation, ces sentiments se justifient par l'avancée du scénario vers un dénouement inévitable, et, à l'approche du dernier donjon, Kameo se sent " boosté ", sans crainte ni frayeur avec la forte envie d'en découdre. Impression démentie par les thèmes suivants, " Thorn's arrival " et " Danger in the Sky " ; dans le premier, c'est la puissance du monstrueux roi des Trolls qui domine, et dans le second, plus complexe, la peur est présente, quoi de plus normal au beau milieu de la bataille décisive. Mais on ressent aussi la détermination de notre héroïne face à son ennemi juré. Le sentiment inéluctable de fatalité est plus que fort dans ce morceau et on sait par l'intermédiaire de la musique qu'il ne sera pas possible de rebrousser chemin ni même d'attendre une quelconque aide extérieure. En bref, Kameo évolue en même temps que la musique, elle grandit, mûrit avec elle. Réalisant petit à petit le rôle qu'elle a à jouer, et le poids qui pèse sur ses épaules.

La musique est, vous l'aurez compris, au cœur même du scénario de Kameo. Elle touche énormément car tous les messages que Steve Burke veut faire passer arrivent à destination. Mission réussie pour le compositeur du chef-d'œuvre de Rare. Je vous laisserai cependant le plaisir de découvrir le thème final tant il est fort de symbolique, de lyrisme et tout simplement agréable à écouter. Je n'ai, faute de place, pas pu évoquer tous les morceaux, c'est regrettable car il y aurait tant à dire. Mais j'éspère que l'envie de découvrir cette B.O. ahurissante s'est emparée de votre esprit et que vous lui ferez honneur à sa juste valeur. Med (adorateur de musique s'il en est) vous parlera de ce vaste sujet de manière plus globale dans le chapitre du jeu parfait, consacré ce mois-ci au son et à la musique. Bonne lecture et surtout bonne écoute.
Posté par Kreu pour Console Syndrome
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08:00 Publié dans Test Musical | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : test musical, kameo

































